Frida et le test de Bechdel

28 Mar

L’autre jour, j‘ai regardé le film « Frida ». Je cherchais un film “féministe”, donc n’importe quel film qui mette en valeur une femme, et ne donne pas une représentation ultra-stéréotypée. Le film choisi était ‘ Frida’, par la directrice Julie Taymor. Il a gagné deux Academy Awards.

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J’ai adoré ce film! J’étais très emballée par cette femme, Frida Kahlo, qui surmonte des épreuves difficiles, avec sa personnalité exubérante, talentueuse et battante, son histoire d’amour compliquée et passionnelle avec Diego Riviera. A la fin du film, j’ étais très contente de l’avoir regardé, avec un sentiment de satisfaction et d’espoir pour le monde, en me disant que c’est une bonne représentation féminine et un bel exemple pour les femmes de se voir représentées comme les protagonistes centrales d’une histoire. Je m’ étais même dit : “Nous pourrions toutes être Frida Kahlo”. Bref, j’ étais super emballée et sous son charme…

Seulement, il y avait quelque chose qui me dérangeait dans cette histoire tout de même, mais je n’ai pas su mettre le doigt dessus tout de suite. Et c’est dans mon bain, (oui, je vous jure, mais vu ma déception, j’ai pas crié ‘eurêka’), que je me suis rendu compte que le film Frida ne passe pas le test de Bechdel!

Le test de Bechdel est un test inventé pour évaluer la représentation des femmes dans les films. C’est un test très très simple, qui, pour le passer, demande qu’un film retienne trois critères :

– Qu’il y ait plus d’un personnage féminin avec un nom

– Qu’elles parlent entre elles pour plus de 30 secondes

– A propos d’autre choses qu’un homme

Le test ne place pas la barre très haut en terme de représentation des femmes. A priori cela devrait être assez simple de le passer. Seulement, il se trouve qu’il y a vraiment très peu de films qui réussissent ces trois critères.

Le test de Bechdel ne permet pas non plus de voir si un film est bon ou mauvais, mais juste de savoir si la représentation des femmes est là. Si les détails de ce test vous intéressent, je vous conseille cette vidéo de Anita Sarkisian. Pour la petite anecdote, nos amis suédois l’utilisent dans leur évaluations des films ( et je trouve ça super!)

Donc, voila, ce super film féministe ne passe pas le test de Bechdel, car Frida Kahlo ne parle pas avec une autre femme a propos d’autre chose qu’un homme, et c’est super décevant ! Toutes ses interactions avec des femmes sont à propos d’hommes, que ce soit avec sa mère, l’ex femme de Diego, sa soeur…

Même lorsque Frida a une relation sexuelle avec une autre femme, leur (très) brève conversation tourne autour de Diego… (ce qui est carrément insultant… vous pensez vraiment que la conversation entre deux femmes qui se plaisent ne vont parler que d’hommes?! )

D’un autre coté, j’ai adoré la représentation positive des relations entre femmes… nous y voyons clairement que Frida aime les femmes, elle aime avoir des amitiés fortes, des discussions, du soutien d’autres femmes. Son amitié avec l’ex femme de Diego s’est vite transformée d’une rivalité entre deux femmes pour un homme, en une amitié très forte. (Mais, leur amitié semble tourner que autour de Diego…)

On en revient donc à l’aspect si énervant de ce film : si on voit bien que Frida est une femme qui ne se met pas en compétition avec d’autres femmes mais qui se positionne sur le mode de la solidarité et de l’amitié, pourquoi ne pas la montrer partager autre chose que des discussions qui tournent autour d’hommes ? Avec son père, elle discute de ses aspirations, ses rêves, son futur ; avec Diego elle parle de politique ; avec d’autres hommes, elle parle de sa peinture… Mais ses relations avec les femmes sont limitées à des discussions à propos d’hommes….

Certains m’ont dit que ceci est bien la preuve des limites du test de Bechdel, car si ce film ne passe pas ce test, alors que c’est un bon film, le test doit être foireux. Eh bien c’est faux, le test est d’autant plus pertinent dans ce cas. Effectivement, c’est un très bon film, avec une bonne représentation des femmes, mais il manque tout de même un élément essentiel ! Les hommes restent le centre du monde dans ce film.

Et c’est important d’en parler car le vrai problème est que ce film n’est pas un cas isolé, c’est symptomatique d’un problème bien plus large. Trop souvent la représentation des femmes tourne autour des hommes, et cela laisse peu de dimensions aux personnages féminins… 

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Hoffman et Bartoli

11 Juil

Hier et avant hier, une video a fait le buzz sur le net. Pleins d’ami.e.s m’ont tagué et envoyé cette video féministe. Il s’agit de Dustin Hoffman, acteur bien connu qui, après s’être travesti en femme, s’est rendu compte qu’il est ‘moche’. Et donc il fond en larmes car il est surement passé à coté de beaucoup de femmes très intéressantes qu’il avait jugées trop moche pour s’intéresser à elles et leur parler.

Dustin s’est rendu compte qu’il était sexiste. Et oui, c’est génial que Dustin prenne conscience qu’il est coupable de sexisme.  Ses larmes sont touchantes. Et c’est cool qu’il partage publiquement cette réalisation.

Mais, le buzz que cette video fait m’énerve. Et ce n’est pas Dustin qui m’énerve personnellement, non, mais le fait que le net s’enflamme parce que cet homme jouissant d’un statut de privilégié (comprendre: blanc, hétéro et connu) a réalisé ce que toutes les femmes savent depuis le plus jeune âge et le monde s’émerveille, le net s’enflamme, et tout le monde en parle et le prend pour héros. Et on l’écoute alors qu’il dit ce que les féministes crient haut et fort depuis longtemps. La légitimité de parole qu’on lui accorde (et qu’on accorde souvent plus facilement aux hommes) m’exaspère car ça me rappelle que je peux crier aussi fort que je veux, on écoutera toujours plus facilement un homme.

Hier, je parlais avec une amie féministe, Anna,  qui m’a ouvert les yeux sur un paradoxe de l’actualité aujourd’hui. Tant qu’on acclame un homme qui réalise l’importance démesurée qu’on accorde au physique des femmes, pourquoi ne pas s’indigner par la même occasion, des propos relayés dans les médias concernant Marion Bartoli et l’angle sous lequel est traité sa victoire à Wimbledon. Beaucoup trop de personne se focalisent sur son physique (au point de remettre la légitimité de sa victoire en question) et trop peu de personnes semblent s’indigner…

https://twitter.com/EverydaySexism/status/353537169354276865/photo/1

Seuls mes contacts féministes ont relayé cette information.

Je ne trouve pas la logique, et si logique il y a, elle me fait pleurer. Vous croyez que si je fais une vidéo de moi pleurant me rendant compte de cette fatalité ça ferait le buzz et je serais prise pour une héroïone? Je pense plutôt qu’on me traiterait d’hystérique, et ce ne seraient que les plus gentil.le.s.

Pensées évolutives

4 Mai

J’ai déjà évoqué, lors de mon dernier post, la difficulté que c’est parfois de parler de féminisme à des « murs », à des personnes qui n’ont pas envie de savoir et de voir l’impact du système patriarcal sur leur vie, et même le nient.

Après mon coup de gueule contre ceux qui m’énervent, j’aimerais exprimer mon enthousiasme à voir beaucoup d’ami.e.s autour de moi m’écouter, prendre mon avis au sérieux, et entrer dans une discussion sincère, même si nous ne sommes pas toujours d’accord.

Ceci m’a amené à réfléchir à la difficulté d’être féministe. Se déclarer féministe n’est pas facile, car nous sommes souvent victimes d’une image populiste négative. Et chaque personne qui s’embarque dans cette réflexion féministe finit par évoluer peu à peu dans ses pensées au fur et à mesure des diverses conversations.

À partir du moment où nous ouvrons notre esprit aux questions féministes, c’est un voyage sans retour qui commence. Une amie étudiant le cinéma m’a un jour expliqué qu’elle n’arrive plus à regarder un film tranquillement, car elle ne peut s’empêcher de voir et analyser les cadrages, les prises de vue, et tout ces aspects  qu’elle pourrait mieux expliquer que moi.

Depuis que je suis féministe, je vis ma vie dans un état permanent de critique sociale. Si je regarde une série à la télé, si je marche dans la rue (entre harcèlement de rue et publicités sexistes), lorsque je suis en conversation avec des ami.e.s, lorsque je me fais draguer dans les bars, lorsque je suis sur Facebook… Oui, je sais, ça parait fatigant, et ça l’est !

Certains pourront penser que ma vision du monde est enfermée dans cette boite appelée féminisme, mais je le vois plutôt à l’inverse : c’est le féminisme qui m’a permis de sortir de la boite qui enferme la société. D’autres penseront que je suis chiante à toujours revenir sur le même sujet. Mais que peut-on faire quand on voit de manière tellement claire les structures sociales oppressant la moitié de l’humanité ?

Que peut-on faire quand on entend les histoires de harcèlement sexuel systématique auxquelles font face ses amies ?

Que peut-on faire quand on apprend qu’elles en ont honte et n’en n’ont jamais parlé à personne et te demandent de garder le secret alors que c’est l’agresseur qui devrait avoir honte ?

Que peut-on faire quand on voit si clairement les injustices dont sont victimes ses amies proches ?

Que peut-on faire quand ses amies sont obsédées par leur apparence physique, leur poids, au point  que cela  les empêche de vivre leur vie ou les rend malade ?

Que peut-on faire quand on voit nos amies s’inquiéter du jugement social sur leur sexualité ?

Que peut-on faire quand des amies s’interdisent de dire qu’elles accordent de l’importance à leur carrière et qu’elles n’envisagent pas d’avoir d’enfants car elles ont peur des réactions ?

Je ne peux pas penser que c’est normal que la vie des femmes autour de moi soit dictée par ces normes sociales arbitraires qui les poussent à se taire, disparaître, ou se distraire futilement par leur apparence physique. Ces normes et structures oppressantes empêchent la réelle liberté des femmes et des hommes. Le féminisme, outil de critique de ces structures oppressantes, permet de s’en libérer et reprendre contrôle de sa vie.

Cela fera un an en août que je me déclare féministe. Le début à été très difficile, ayant beaucoup de colère à gérer, ne sachant pas où la canaliser, et connaissant peu de personnes avec une conscience féministe avec qui je pouvais discuter pour m’aider à établir une opinion et évoluer. Peu à peu je remarque l’évolution de ma pensée, et je me rends compte que chaque personne s’intéressant sincèrement à la problématique possède son propre cheminement. C’est ainsi que j’ai décidé de re-baptiser ce blog ‘Mon voyage féministe’, reflétant l’importance que je donne à l’évolution de ma pensée, et la nécessité de discussion commune sur les sujets concernant les femmes.

Cependant, suis-je prête à discuter avec tout le monde sur le féminisme ? Non, certainement pas.

Il y a beaucoup de personnes qui ont des idées préconçues sur le sujet et ne s’intéressent absolument pas à mon point de vue, et souhaitent uniquement prouver mes torts. Ne nous attardons pas là-dessus.

Cependant, il y a un entre-deux plus délicat. Il y a des personnes de très bonnes volonté, mais dont les idées préconçues peuvent hérisser les poils de féministes. Il y a deux semaines, j’ai assisté à une conférence sur l’impact de l’austérité sur les femmes, et j’ai été fascinée par la patience des intervenantes à répondre à des questions qui ont fait frissonner les âmes sensibles au féminisme.

Un certain monsieur exprimait son admiration pour les femmes, et leur sensibilité qui justifierait qu’elles prennent en charge les luttes sociales aujourd’hui, car les hommes ont déjà essayé et ils ont « tout merdé ». Il démontrait une vision essentialiste des sexes, renouvellant les stéreotypes dénoncés par les féministes. Pourtant, il était plein de bonnes intentions, et les intervenantes ont répondu avec justesse et patience à ses questions. Ce monsieur n’est pas l’ennemi, et j’espère que la patience des intervenantes l’aideront à remettre en question les stéréotypes qu’il a exhibés, ou pour le moins, aident les autres personnes de l’audience à y réfléchir.

À travers mon voyage féministe, j’espère encourager la prise de parole et le dialogue sur ces questions. J’espère vous embarquer avec moi dans ce voyage.

A toi, mon ami… à tous mes amis…

22 Mar

Je suis fâchée.

J’en ai marre de marcher sur des oeufs pour essayer de ne pas vexer les hommes, leur expliquer gentiment ce qu’est le sexisme.

J’en ai marre d’expliquer pourquoi ça me fait mal.

J’en ai marre de me justifier trois mille fois sur les mêmes questions.

J’en ai marre qu’on me remette en question tout le temps.

J’en ai marre que ce soit le plus souvent les hommes qui viennent aborder ce thème en soirée.

J’en ai marre que quand ça arrive, les femmes évitent cette conversation avec gêne.

J’en ai marre que, au final, c’est surtout l’opinion des hommes qui est entendu sur des sujets féministes.  

J’en ai marre qu’ils viennent en discuter avec moi, pour le fun, le sport, le débat, le challenge.

Alors, toi, mon ami homme, tous mes amis hommes, jouissant de privilèges masculins, je m’adresse à toi, à vous.

En soirée, quand tu veux discuter de thèmes féministes, et donc, débattre des réalités de ma vie, avec du sang froid et de la distance, tu me reproches lorsque je me fâche de ne pas être assez « neutre ».

Ah bon? Je ne suis pas assez neutre quand on parle de la réalité de ma vie? Une réalité que tu n’as jamais connu et ne connaitra jamais?

Alors, non seulement on discute de MA VIE et de MA REALITE, mais en plus, pour avoir une CHANCE que ma voix soit entendue, je me SUR-documente de manière obsessionnelle tous les jours pour pouvoir te prouver la véracité de mes propos. Oui, bizarrement, il ne suffit pas que je te le dise, moi tu ne me crois pas. C’est donc devenu une vraie passion de lire des articles, des livres, rencontrer des militantes et des profesionnels dans le domaine, et là, alors là, tu me dis : « Non mais Chloé, se préoccuper des droits de la femme c’est bien, mais j’ai l’impression que quand tu vois le mot « féminisme » tu prends tout ça comme vrai de chez vrai. Il faut que tu sois toujours critique sur ce que tu lis ou entends! ».

Voilà le poignard dans mon coeur… quand je n’ai pas assez de preuves, tu me discrédites car je ne suis pas assez documenté, mais lors que je le suis, je manque d’esprit critique?

A l’inverse, une femme qui est d’accord avec TON point de vue, elle te sers de preuve contre tout ce que je dis. Et il va de soit qu’elle n’aura jamais besoin de te prouver ses sources.

On est amis, on est censés être sur un pied d’égalité, et pourtant tu me fais si souvent mal.

Les petites blagues sexistes, qui sont juste pour rire et dont tu veux que je rigole aussi. Les photos ou vidéos de femmes objectifiées que tu diffuses sur facebook… Tu traites des filles de salopes, de profiteuses, de moches, pas baisables…Et puis les généralités sur les femmes, elles sont comme-ci, elles sont comme ça. « Toutes chiantes … », souvent juste bonne à baiser, ou des pouffes… mais, bon ça faut pas que je me sente visée.

Et puis si je me vexes, je ne dois pas l’exprimer car ma sensibilité nuit à ton droit de t’exprimer et risquerai te faire culpabiliser. Tu te fâcherai contre moi, mais j’ai peur de ta colère. Oui, car j’ai bien intériorisé le faite que les hommes sont plus forts et donc dominent, que ce soit par les actes ou les paroles. « Sois pas si sensible, c’est pour rire » tu me dis…

Donc pour éviter de rentrer dans une discussion où je sais que je ne serai  écoutée qu’à moitié, je me tais. Mais, oui, on est amis. De vrais amis…

Profites tu de privilèges masculins?

23 Fév

Profites-tu de privilèges masculins? Bon, si tu es une femme, il est très probable que tu n’en profites pas. Cependant si tu es un homme, il est très probable que tu en bénéficies.

La liste originale a été créée par Peggy McIntosh démontrant les privilèges d’être blanc.  Plusieurs ont ensuite utilisé cette liste pour en créer une sur les privilèges d’être un homme. Ce genre de liste aide à voir concrètement les privilèges auxquels on bénéficie (ou au contraire, dont on ne bénéficie pas) en raison de notre statut; que ce soit de sexe, orientation sexuelle, classe, race… Selon moi, c’est un exercice important pour toute personne bénéficiant de privilèges car souvent on ne s’en rend pas compte. got-privilege

Cette liste n’a que pour but de démontrer les privilèges attribués aux hommes. Cependant, le plus grand privilège est de ne jamais devoir admettre ou penser à ces privilèges. Ils sont gratuits et considérés comme un droit naturel, sans être remis en cause.

1. Si tu es de mauvaise humeur un jour, personne ne pensera que c’est à cause de ton sexe.

2. Tu peux être négligent avec ton argent, et personne ne l’attribuera à ton sexe.

3. Tu peux être un chauffeur négligent, et personne ne l’attribuera à ton sexe.

4. Tu peux être sûr de toi avec tes collègues, et on ne pensera pas que tu as été embauché à cause de ton sexe.

5. Si tu as eu une promotion, personne ne dira que c’est à cause de ton sexe.

6. Si tu échoues dans ta carrière, personne ne dira c’est parce que ton sexe n’est pas fait pour une telle carrière.

7. Les probabilités que tu sois embauché face à une adversaire femme sont biaisées en ta faveur. Plus le job est prestigieux, plus les probabilités sont en ta faveur.

8. Il est bien moins probable que tu subisses du harcèlement sexuel sur ton lieu de travail qu’une femme.

9. Si tu fais le même travail qu’une femme, et le que la révision est subjective, il est probable qu’on pense que tu aies fait un meilleur travail.

10. Si tu choisis de ne pas faire d’enfants, personne ne questionnera ta masculinité.

11. Tes élus politiques sont en général du même sexe que toi. Plus la fonction est prestigieuse, plus cette affirmation est vraie.

12. Si jamais tu couches avec beaucoup de femmes, personne ne te donnera sérieusement le label de ‘mec facile’, ou l’équivalent masculin de ‘salope’ ou ‘pute’ (et je me demande si ça existe…?).

13. Tu ne dois pas t’inquiéter que ton style vestimentaire donne une mauvaise idée de ta disponibilité sexuelle.

14. A moins que tu sois allé en prison, ou que tu sois homosexuel, il est peu probable que tu sois violé.

15. Tu ne changes pas ton comportement face au risque de faire violer (changer d’habits, de chemin quotidien, l’heure à laquelle tu sors/rentres).

16. Le toilettage typique attendue de toi est relativement bon marché et consomme peu de temps.

17. Si tu n’es pas considéré comme physiquement attrayant, les désavantages sont assez minimes et faciles à ignorer.

18. Tu peux être confiant que les expressions utilisées au jour le jour incluent ton sexe; ex. « tous les hommes sont créés égaux », le masculin l’emporte sur le féminin.

19. Ta capacité à prendre des décisions ne sera jamais remise en cause vu « le moment du mois ».

20. On n’attend pas de toi que tu changes ton nom lorsque tu te maries, et on ne questionnerai pas cette décision si tu ne le fais pas.

21. La décision de t’embaucher pour un travail ne sera jamais faite en fonction de suppositions que tu voudrais fonder une famille.

22. Si tu as une femme ou une copine, et que l’un d’entre vous doit sacrifier sa carrière pour s’occuper de la famille, il est très probable que vous mettiez d’accord que ce soit elle.

23. Les magazines, les publicités, la télévision, les films, la pornographie sont bondés de femmes légèrement vêtues avec pour but d’être attrayantes à tes goûts sexuels. De telles images d’hommes existent, mais sont plus rares.

24. La réussite d’un examen oral ne sera pas attribuée aux capacités séductrice de ton sexe.

25. Quand tu te fâches, il est peu probable qu’on t’accuse d’hystérie.

Si tu penses que tu profites de privilèges masculins, que faire maintenant? Renoncer à ces privilèges? Ce sera difficile, car ils te sont donnés par la société. Mais tu peux te servir de tes privilèges pour attirer l’attention d’autres hommes qui en bénéficient. De même, être attentif à ne pas abuser de ces privilèges et écouter attentivement lorsqu’une femme essaie de t’en parler.

Cette liste est inspirée de cet article, celui-ci, et encore celui-là. Ce sont des exemples surtout centrés sur les Etats-Unis, je serai ravie d’entendre vos suggestions pour d’autres exemples, particuliers à la langue française, la Belgique ou la France.

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Un tout grand merci à ma correctrice d’orthographe. Je sais que je suis têtue, je n’aime pas être corrigée, je traine à faire les corrections, et que je fais beaucoup de fautes, mais ton travail me fait énormément plaisir. ❤  (c’est un coeur 😉 ) 

Ce n’est pas qu’en Inde

9 Jan

Il y a quelques semaines, une femme en Inde est morte suite a un viol collectif sur un bus qu’elle pensait être public. Elle a été violée par 5 hommes, et a été torturée à mort.

A plus ou moins le même moment, une autre femme en Inde s’est suicidée après un viol collectif lorsque les autorités ont essayé de la forcer à se marier avec un de ses agresseurs. Elle avait le choix, soit elle se mariait avec un de ses agresseurs, soit elle acceptait de ne pas porter plainte et recevait en contrepartie une certaine somme d’argent.

Ces évènements ont provoqué une vague de manifestations en Inde, et a mis en lumière un problème sociétal de la place de la femme dans ce pays.

Ce que certains en ont retenu est qu’il est difficile d’être une femme en Inde, qu’il s’agit d’un problème spécifique à un pays lointain. Nous pourrions penser que nous avons de la chance dans notre pays, nous n’avons pas ce genre d’atrocités. Pourtant, si nous observons d’un peu plus près, pouvons-nous vraiment dire que nous sommes épargnés de ce genre de violences?

Il y a quelques mois, la France a fait passer un jugement de viols collectifs dans lequel, sur 14 agresseurs, seulement 4 ont été condamnés à de très légères peines. Les victimes ont mis 10 ans avant d’avoir le courage de rompre le silence. Vous pouvez lire un témoignage de Nina ici.

En novembre, à Bruxelles, la HUB a banni le déguisement en fille suite au un viol d’un jeune homme. Ce genre d’action, largement contestée,  met la faute sur la victime et non sur les violeurs. Ce serait donc de la responsabilité des victimes potentielles de faire attention à leurs vêtements pour ne pas paraitre trop féminins, ne pas se promener dans de ‘mauvais’ quartiers, ou tard le soir. Il ne faut pas trop boire, sortir seul-e, et toujours rester vigilants-es de son comportement pour ne pas provoquer un viol.

Le documentaire de Sofie Peeters sur le harcèlement de rue à Bruxelles nous a montré l’étendue du problème auquel peuvent faire face les femmes lorsqu’elles se promènent dans les espaces publics. Non seulement le harcèlement entraîne des endommagements psychologiques, il enfreint la libre circulation des femmes dans les espaces publics.

En juillet, une de mes amies s’est fait plaquer contre un mur après avoir réagi à un homme qui lui a touché les fesses, et n’a pas voulu le dénoncer, parce que « à quoi ça sert? ». En septembre, une autre s’est fait suivre de De Brouckère à Pétillon dans le métro par un homme qui l’a touchée et couru après quand elle a essayé de fuir. Ce ne sont que les histoires les plus récentes.

Je n’ai jamais été en Inde, donc je n’oserai pas parler au nom des femmes indiennes sur ce qui se passe dans leur pays. Mais je peux vous assurer qu’elles ne sont pas les seules à faire face aux violences avec peu de soutien de la société et des autorités. Le problème n’est pas qu’en Inde, il existe aussi chez nous.

Cet article est inspiré de deux articles en anglais : « Sexual Violence is not a cultural phenomenon in India – it is endemic everywhere »  écrit par Owen Jones, et « America’s Rape Problem: We Refuse to Admit That There is One » de Jessica Valenti. Je partage leur point de vue, et j’ai voulu le partager avec un public francophone.

La science de la paresse

29 Déc

Je suis une personne plutôt paresseuse. Si je peux trouver une excuse pour me sortir d’une tâche me demandant un effort, je saute sur l’occasion, et c’est un de mes (nombreux) défauts. Mais, je suis aussi une personne qui veut se surpasser. C’est pour cela que, quand on m’explique que si je ne suis pas douée pour certaines choses, c’est parce que biologiquement les femmes ne sont pas douées pour ce genre de choses, je m’énerve! Alors, je vous annonce, ici et maintenant: je refuse d’y croire.

Ce n’est pas de la mauvaise foi! J’ai remarqué mes deux seins et mon utérus, et j’ai aussi remarqué que les hommes ont un zizi, c’est dur de le nier. Mais je n’aime pas qu’on m’explique que ces différences biologiques, mes hormones féminines, ou mon intelligence émotive, justifient qu’on m’attribue certaines caractéristiques qui seraient propres à la femme. Ces explications me donnent des excuses pour être paresseuse, donc je les nie dans l’intérêt de rester productive.

Par exemple, je suis nulle en calcul mental. Au moindre calcul, je sors mon portable pour le faire à ma place. Certains pourront dire que c’est parce que je suis une fille et que je n’ai pas l’intelligence logique dont est doté le cerveau masculin.  Il m’est même arrivé, lors d’une relation, de systématiquement laisser mon copain faire tous les calculs (« qui doit payer quoi quand on fait les courses, va au ciné, mange au restaurant »…).

J’abusais (et j’abuse toujours) du fait qu’on me prenne pour une fille ‘bête et blonde’, qui aurait la tête trop en l’air pour savoir faire des calculs. Comprenez, les maths c’est pas fait pour moi, ou plutôt mon cerveau n’est pas fait pour les maths. Non, ça, c’est un truc de mec, ou de fille brunes à lunettes.

Et voilà! Le tour de magie est joué, je ne suis plus jamais obligée de faire un calcul, car personne n’attends ça de moi! Ma paresse à gagné!

Sauf que je suis persuadée que je pourrais être douée en calcul mental. Peut-être que je ne gagnerai jamais de concours, mais je pourrais calculer tout aussi bien que mon ex-copain, au moins!

Je suis donc énervée lors qu’on essaie de me dire qu’il existe des différences biologiques entre les sexes qui expliqueraient que les hommes aient une intelligence logique, et les filles une intelligence émotive. Si c’est déjà déterminé, alors il n’y a plus rien à faire, plus de raison d’essayer.

Qu’on arrête de me faire croire que je vais mal conduire parce que je suis une femme. Qu’on arrête de penser que j’ai un mauvais sens de l’orientation. Qu’on arrête de me dire que les hommes sont plus forts de nature qu’une femme.

Eh bin, moi, je dis non! Je ne conduis pas mal parce que je suis une femme, mais parce que j’ai peur. Je n’ai pas un mauvais sens de l’orientation, je sais utiliser des cartes, et je ne veux pas me perdre! Et ce n’est pas une règle universelle que les hommes sont plus forts que les femmes! Il y a plein de femmes fortes, et d’hommes faibles. Pour ma part, je ne suis pas plus forte qu’une princesse de Disney des années ’90. Mais si en plus, on me dit que c’est parce que je suis biologiquement faite ainsi et que je n’y peux rien, alors là, je vais tout simplement faire ma feignasse, et ne pas être forte. Et personne ne m’en voudra puisque je suis une fille, et que je ne suis pas censée savoir me défendre.

Mais, si j’y réfléchis bien, cette même logique pourrait expliquer pourquoi tout le monde esquive certaines choses. Serait-on tous des feignants, essayant de fuir des tâches quotidiennes difficiles/exaspérantes se servant de ce que la société nous a dit est un déterminisme biologique pour y échapper?

Moi je dis : rebellons-nous! Hommes : cuisinez, faites le ménage, exprimez vos émotions! Pleurez sans honte! Femmes : bricolez, faites des maths, prenez charge du plan de ville! Poussons-nous au-delà des limites qu’on essaie de nous donner!

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